Chaque année, le Carême revient parce qu’il fait partie du cycle liturgique de l’Église, notre mère. Il revient que nous le voulions ou non, que nous sachions ou non en tirer profit. Pourtant, il nous est donné, avec tout le reste de l’année liturgique, pour que nous portions un fruit qui demeure. L’analogie entre le cycle liturgique et le cycle féminin ouvre un chemin de contemplation très fécond et devient une source concrète de conversion. Si nous « manquons » ce Carême, il nous reste bien sûr les autres temps de l’année pour nous relever. Mais l’expérience le montre : nous risquons alors de laisser s’attiédir notre vie intérieure et de trouver la vie de l’Église plus pesante. À l’inverse, lorsque nous approfondissons notre prière, chaque période se met à résonner davantage. Nous découvrons alors combien la vie liturgique est belle, sans monotonie, chaque temps portant ses grâces propres. Tout cela est voulu par Dieu pour notre croissance et pour notre joie, humaines comme spirituelles.
À une autre échelle, il en va de même du cycle féminin.
« Encore faut-il prier », me confiait une amie en feuilletant mon dernier livre. Je ne pouvais qu’approuver. Il est vrai qu’il devient plus difficile de garder un temps régulier de prière lorsque l’on s’occupe de jeunes enfants, aux horaires imprévisibles.
Pourtant, le cycle féminin peut être une bonne nouvelle encore trop peu exploitée. L’accueillir tel qu’il est aide à recevoir notre intériorité non pas comme nous l’idéalisons, mais dans sa réalité parfois pauvre et fragile. Pour vivre un beau Carême, il est essentiel d’honorer la prière personnelle. Je ne propose pas ici un parcours – il en existe déjà de très beaux. Je souhaite simplement tendre une perche pour une prière personnelle féminine : tenir compte de son cycle dans la relation au Christ Sauveur. Aller à sa rencontre comme la femme hémorroïsse, pour découvrir que, depuis toujours, c’est Lui qui nous attend, telles que nous sommes.









